mardi 31 janvier 2017

Régulation des algorithmes (suite)

Hier soir j'étais à une réunion de présentation à CAP Digital,sur le sujet de la "régulation des algorithmes"... (vous pouvez lire l'article précédent sur ce sujet ici.)

Je suis plutôt content car les gens qui on présenté le problème semblent bien avoir compris quelques subtilités du problème comme :
  • Surveiller à la fois les algorithmes mais aussi les données utilisées pour les paramétrer. Dans le domaine du "machine learning", on parle de données d'entraînement. Ces données , plus que l'algorithme lui-même, décide du comportement prédictif. 
  • Certains algorithmes sont, par constitution, non-analysable, non-explicable. On parle de boite noire, mais pas par volonté de cacher les chose, mais fonctionnement de base.
  • L'INRIA, partenaire scientifique, ne se positionne que comme centre de ressources de solution scientifique/technique de mesure.
Bref, ils ont comprit qu'il s'agit d'un problème fondamentalement complexe pour lequel il n'existe pas de solution technique aujourd'hui. C'est rassurant.

Ce qui l'est moins :
  • Aucune start-up du domaine ne fait partie des rapporteurs.
  • Personne n'a soulevé le risque de créer une régulation qui serait dangereuse pour les entreprises françaises travaillant dans le "machine learning". En effet, imposer une régulation implique avoir un levier d'action envers les contrevenants, or aujourd'hui les GAFA (Google, facebook, Amazon, etc...) sont totalement intouchables (elles ne payent même pas les impôts sur le bénéfice fait sur le sol français). Une régulation franco-française ne ferait donc que les avantager encore plus par rapport aux start-up française.
    L'effet de la régulation serait alors inverse à l'objectif, car ces algorithmes seraient alors totalement pilotés par des entreprises étrangères non soumis à la réglementation, et donc totalement hors de contrôle.
    Sans parler de la destruction d'emploi et la perte de revenu fiscal.
Bref, tous les acteurs ont bien identifiés qu'on est incapable aujourd'hui de faire quelque action censée que ce soit dans ce domaine. Mais je crois que c'était a peu près la même situation pour HADOPI : personne ne croyait vraiment pouvoir endiguer la copie illégale par manque de solution technique. Pourtant HADOPI a bien été crée, et a gaspiller beaucoup d'argent pour rien.
J'espère juste que ce cela ne se reproduira pas.

Je ne vois donc pas de risque imminent, mais c'est tout de même un sujet à "surveiller".